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L’Institut national, qui a prise une part active aux grandes découvertes dont vient de
s’enrichir la théorie de l’électricité, sentira dans toute son étendue l’importance du sujet in-
diqué par le premier Consul.
De toutes les force physiques auxquelles les corps de la nature
sont soumis, l’électricité paroit être celle qui manifeste le plus souvent son influence.
Non
seulement elle agit sur les substances inorganiques, qu’elle modifie ou décompose, mais les
corps organisés eux-memes en éprouvent les plus étonnans effets.
Ce qui n’etoit pour les anciens
qu’un simple résultat de quelques propriétés attractives, est devenu pour les physiciens mo-
dernes la source des plus brillantes découvertes.
On peut diviser l’histoire de l'électricité en deux périodes, qui se distinguent autant par
la nature des résultats que par celle des appareils employés, pour les obtenir.
Dans l’une la
influence électrique est produite par le frottement du verre ou des matières résineuses; dans
l’autre, l’électricité est mise en mouvement par le simple contact des corps entre eux.
On doit
rapporter à la première de ces deux époques la distinction des deux espèces d’électricité ré-
sineuse et vitrée, l’analyse de la bouteille de Leyde, l’explication de la foudre, l’invention
des paratonnerres, et la détermination exacte des lois suivant lesquelles la force répulsive
de la matière électrique varie avec la distance.
La seconde comprend la découverte des contrac-
tions musculaires excitées par le contact des métaux, l’explication ces de phénomènes par le
mouvement de l’électricité métallique, enfin la formation de la colonne électrique, son analyse
et ses diverses propriétés: Volta a fait, dans cette seconde période, ce que fit Franklin dans
la première.
Les sciences sont maintenant tellement liées entre elles, que tout ce qui sert à en perfec-
tionner une avance en même temps les autres.
Sous ce point de vue, le galvanisme fera dans
leur histoire une époque mémorable; car il est peu de découvertes qui aient donné à la phy-
sique et à la chimie autant de faits nouveaux, et éloignés de ce que l’on connoissoit aupara-
vant.
Déjà l’ensemble de ces faits a été rapporté à une cause général, qui est le mouvement
de l’électricité: il reste à déterminer avec exactitude les circonstances qui les accompagnent,
à suivre les nombreuses applications qu’ils présentent, et à découvrir les lois générals qui peut-
être y son renfermées.
La plupart des effets chimiques offerts par les nouveaux appareils ne sont pas compléte-
ment expliquées, et il est d’autant plus important de les bien connoitre, qu’ils fournissent à
la chimie des moyens assez puissans pour décomposer les combinaisons les plus intimes.
Il
est également intéressant d’examiner si les propriétés électriques que certains minéraux ac-
quièrent dans leurs variations de température ne dépendent pas d’une dispositions de leurs
élémens analogue à celle qui constitue la colonne de Volta.
Enfin il est à desirer que la théorie
de l’électricité, augmentée de ces nouveaux phénomènes, soit complétement soumise au calcul
d’une manière générale, directe et rigoureuse; et les pas que l’on a déjà faits dans cette carrière
ont prouvé que ce sujet difficile demande la sagacité de la physique la plus ingénieuse et les
secours de l’analyse la plus profonde.
Mais c’est sur-tout dans leur application à l’économie animale qu’il importe de considérer
les appareils galvaniques.
On sait déjà que les métaux ne sont pas les seules substances dont le
contact détermine le mouvement de l’électricité.
Cette propriété leur est commune avec quel-
ques liquides et il est probable qu’elle s’étend, avec des modifications diverses, à tous les corps
de la nature.
Les phénomènes qu’offrent la torpille et les autres poissons électriques ne dépen-
dent-ils pas d’une action analogue qui s’exerceroit entre les diverses parties de leur organi-
sation, et cette action n’existe-t-elle pas avec un degré d’intensité moins sensible, mais non
moins réel, dans un nombre d’animaux beaucoup plus considérable qu’on ne l’a cru jusqu’à
présent?
L’analyse exacte de ces effets, l’application complète du mécanisme qui les détermine,
et leur rapprochement de ceux que présente la colonne de Volta, donneroient peut-être la
cief des secrets les plus importans de la physique animale.
En considérant ainsi l’ensemble
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