tion respective des plateaux, de tous ou d'un grand nombre de ces électrophores
ou
condensateurs; devroient, dis-je, s'opérer toutes ces séparations à la fois,
et
s'établir, d'un côté une communication entr'eux de tous les plateaux électrisés
en
plus, et, de l'autre côté, une communication de tous ceux électrisés
en
moins, comme le veut Mr. NICHOLSON; outre que ce mécanisme trés-compliqué
paroit trop difficile, et peu naturel; outre que la supposition d'une charge
électrique, originairement imprimée, et si durable, dans ces pellicules faisant
l
'office d'électrophores, est tout-à-fait gratuite; une telle hypothèse tombe
entièrement, vu que ces pellicules de l'organe de la torpille ne sont, et ne peuvent
être
, aucunement isolantes, ou susceptibles d'une véritable charge électrique,
et
moins encore capables de la retenir. Toute substance animale, tant
qu'elle est fraiche, entourée d'humeurs, et plus ou moins succulente elle-même,
est
un assez bon conducteur: je dis plus; bien loin d'être aussi cohibente que
les
résines, ou le talc, aux feuilles du quel Mr. NICHOLSON cherche à comparer
les
pellicules dont, il est question, il n'y a point, comme je me suis assuré, de
substance
animale vivante, ou fraiche, qui ne soit meilleur déférente que l'eau,
excepté
seulement la graisse, et quelques humeurs huileuses. Mais, ni ces humeurs,
ni
la graisse, sur-tout à demi fluide, ou fluide entièrement, comme elle
se
trouve dans les animaux vivants, peut recevoir une charge électrique, à la
manière des lames isolantes, et la retenir; d'ailleurs, on ne trouve pas, que les
pellicules
et les humeurs de l'organe de la torpille soient graisseuses ou huileuses.
Ainsi donc, cet organe, formé uniquement de substances conductrices,
ne
peut être rapporté, ni à l'électrophore ou condensateur, ni à la bouteille de
Leyde, ni à une machine quelconque excitable, soit par frottement, soit par
quelque
autre moyen capable d'électriser des corps isolants, qu'on a toujours
crus
, avant mes découvertes, les seuls originairemeut électriques.

A quelle électricité donc, à quel instrument, doit-il être comparé, cet
organe
de la torpille, de l'anguille tremblante, etc. ? à celui que je viens de
construire
, d'après le nouveau principe d'électricité que j'ai découvert il y
a
quelques années, et que mes expériences successives, sur-tout celles qui
m
'occupent maintenant, ont si bien confirmé, savoir, que les conducteurs
sont
aussi, dans certains cas, moteurs d'électricité, dans le cas du contact
mutuel
de ceux, de différente espèce, etc. à cet appareil, que j'ai nommé Organe
électrique artificiel, et qui, étant dans le fond le même que l'organe naturel
de
la torpille, le ressemble encore pour la forme, comme j'ai déjà avancé.